Démarche artistique | peinture surréaliste contemporaine
Peindre la transformation
Mon travail s’inscrit dans une peinture surréaliste contemporaine, où le réel n’est jamais représenté tel quel, mais déplacé, transposé, recomposé. J’élabore des images comme des scènes d’apparition : des espaces mentaux où les corps, les animaux, les paysages et les architectures semblent traverser différents états du vivant.
Ce qui m’intéresse n’est pas la description du monde, mais sa métamorphose. Chaque œuvre devient le lieu d’un passage entre mémoire, imaginaire, présence physique et récit intérieur. À travers cette figuration symbolique, je cherche à construire des images qui ouvrent un récit sans l’imposer.
Le dessin comme point d’origine
Chaque image commence par un travail manuel sur papier. Le dessin me permet de poser la structure de l’œuvre, son rythme, sa tension et sa narration. C’est dans cette première étape que se construisent les équilibres essentiels : la composition, les rapports de formes, les directions du regard, les zones de silence et de densité.
Le dessin n’est pas une simple préparation. Il constitue l’ossature de l’image. Il agit comme une armature, comparable au rôle du modello dans la tradition picturale : un point d’origine à partir duquel l’œuvre va se construire, se préciser et trouver sa présence.


Un processus pictural post-numérique
J’utilise les outils numériques comme un prolongement du geste pictural. Ils ne constituent pas pour moi un espace d’effets ou de transformation mécanique de l’image, mais un véritable support de peinture.
À partir du dessin initial, la couleur vient se déposer dans l’espace numérique selon une logique picturale : construction des valeurs, équilibre des masses colorées, modelé des formes, rapports de lumière, profondeur et présence des figures. Le numérique me permet de peindre autrement, sans abandonner les principes fondamentaux de la peinture.
Ma pratique peut être qualifiée de post-numérique dans la mesure où le numérique n’est ni une finalité, ni un sujet en soi. Il est intégré au processus comme un médium pictural contemporain, au service d’une image pensée, dessinée, composée et peinte.
Ce qui m’intéresse n’est pas la technologie pour elle-même, mais la manière dont elle peut prolonger une pratique héritée du dessin et de la peinture. L’œuvre traverse ainsi plusieurs états : le dessin sur papier, la peinture dans l’espace numérique, puis la matérialisation finale en tirage pigmentaire unique sur papier d’art.
Un langage symbolique et narratif
Mon univers plastique est peuplé de figures féminines, d’animaux symboliques, de corps transformés, de paysages suspendus et de formes hybrides. Sirènes, oiseaux, papillons, baleines, tortues, coquillages, architectures et fragments de nature composent un vocabulaire visuel où le vivant devient langage.
Ces figures ne sont pas décoratives. Elles portent des états intérieurs, des tensions, des récits silencieux. Elles évoquent la mémoire, la vulnérabilité, le passage du temps, l’identité, la disparition, la renaissance et les liens invisibles entre les êtres.
Dans mes séries telles que Memento mori, Métamorphosis ou La ligne Saint-Michel, l’image fonctionne comme un seuil : entre réel et imaginaire, humain et animal, corps et paysage, intime et symbolique.

De l’image à l’œuvre unique
Si mes œuvres se développent en partie dans l’espace numérique, elles sont pensées dès l’origine pour devenir des objets physiques. Chaque image est matérialisée en tirage pigmentaire Fine Art sur papier d’art, puis laminée à la main et montée sur support.
Toutes les œuvres sont produites en un seul exemplaire.
Ce choix est essentiel dans ma démarche. Il affirme une distance avec la reproductibilité souvent associée à l’image numérique. L’œuvre finale n’est pas un multiple, ni une simple impression : elle est une pièce unique, inscrite dans une présence matérielle, destinée à être regardée comme une peinture.
L'image comme seuil
Ma démarche se situe dans cet espace de tension entre tradition picturale et outil contemporain, entre geste manuel et image numérique, entre rêve et lucidité.
Je cherche à construire des images qui résistent à une lecture immédiate. Des images qui ouvrent un récit sans le refermer. Des images où l’imaginaire devient un outil pour interroger ce qui se transforme, ce qui demeure et ce qui revient sous d’autres formes.
Cette approche place mon travail dans le champ d’une peinture surréaliste contemporaine, à la fois symbolique, narrative et post-numérique.


